Je reprends et je répare des vêtements depuis quinze ans, d’abord dans un atelier de retouche, puis pour une boutique qui vend du neuf et de la seconde main. Je passe mes journées à l’envers des pièces, là où se voit ce qu’une étiquette ne dit pas.
Ce qui revient sur mon établi, semaine après semaine :
- La belle pièce mal coupée : un tissu superbe monté de travers, qui ne tombera jamais droit quoi qu’on fasse.
- L’ourlet thermocollé : il tient deux saisons, se décolle, et laisse une marque qu’aucun fer ne rattrape.
- La doublure trop juste : elle craque aux emmanchures bien avant que le tissu du dessus ait bougé.
- Le vêtement acheté sur photo : sur un cintre tout se ressemble, c’est à l’essayage et à l’usure que les écarts se lisent.
J’écris ici ce que je réponds à l’atelier quand on me tend une pièce en me demandant si elle vaut la retouche, ou si elle tiendra encore l’hiver prochain.